La VAR, un éternel débat ? - Jeanphifoot

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Présentée comme la technologie idéale, elle n’est pour le moment pas à la hauteur des espérances. Souvent décriée par les supporters, parfois même par les clubs, son bilan est-il si catastrophique en ligue 1 ?

De nombreuses erreurs provoquées ou confirmées

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Guingamp – Paris Saint-Germain, seconde journée. Nicolas Benezet, bien servi par Marcus Thuram, croit marquer le but du break (2-0). Cependant l’arbitre le refuse à l’aide de la VAR pour un très léger contact avec Colin Dagba, défenseur du club de la capitale. Autre fait de jeu, à dix minutes de la fin du match, Thomas Meunier percute Marcus Coco dans sa surface de réparation. Siffler penalty semblait être la bonne décision mais Clément Turpin laissa le jeu se poursuivre sans même consulter les images. Bertrand Desplat, président de l’EAG, n’a pas apprécié ces décisions plus que litigieuses : "Ce n’était pas le grand soir de l’arbitrage vidéo. Quand je regarde l’action je me dis qu’il y a but." Il a ensuite commenté la faute non sifflée : "Les personnes qui sont dans le car ont eu un manque de réflexe parce que c’était à eux de contredire la décision de Monsieur Turpin. Il y a encore énormément de progrès à faire avec la vidéo."

Nimes – OM, seconde journée. Victime d’un tirage de maillot alors qu’il était à la lutte pour jouer le ballon, Valère Germain aurait du faire bénéficier à son équipe d’un penalty. L’arbitre du match, Benoit Bastien, n’a pas signalé la faute et n’a pas été voir les images alors que siffler paraissait évident.

Nice – Bordeaux, vingtième journée. Sacko se fait un croche-pied et tombe dans la surface girondine. L’arbitre du match, Nicolas Rainville, commet d’abord l’erreur de sanctionner Vukasin Jovanovic, en rien coupable de la chute de l’attaquant du GYM. Appelé par les assistants vidéo, il ne reviendra pas sur sa décision et donnera un penalty aux Niçois.

Ces exemples ne sont pas des événements isolés et la grande majorité des entraîneurs se sont plaints d’injustices causées par cet outil. On retient notamment les nombreuses critiques de l’entraîneur olympien Rudi Garcia, qui a même ironisé : "si un jour le VAR est mis en route dans le championnat de France, peut-être qu’on ne verra pas ce qui est arrivé aujourd’hui. Moi je milite pour le VAR, et malheureusement il n’est pas encore en circulation." Eric Bédouet, Vahid Halilhodzic ou encore Thomas Tuchel ont également exprimé leur colère. Thierry Henry s’est lui indigné du non-fonctionnement de la vidéo lors du match contre Strasbourg largement perdu par les joueurs du Rocher (5-1). Enfin, l’AS Saint-Etienne a exprimé son mécontentement en publiant un communiqué dans lequel elle "s’interroge quant à l’utilisation, qu’elle juge aléatoire, de l’assistance vidéo lors de plusieurs de ses rencontres de championnat."

Un bilan d’étape positif selon la ligue

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Selon la ligue de football professionnel, deux erreurs sur trois ont été corrigées par la VAR (55 sur 82). On note également des baisses des fautes commises (7%), du nombre de cartons jaunes (17%) et rouges (4%) distribués.

De plus, Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage, a mis en avant le fait que sur plus de deux cents matchs, le service VAR n’a été interrompu qu’à quatre reprises. Il est conscient que ce dernier est perfectible "notre objectif est de préserver le football et de tirer le meilleur de l’apport technologique mais les erreurs sont toujours possibles parce que l’arbitrage du point de vue du terrain comme de la VAR reste humain. Des erreurs ont donc été commises, elles sont identifiées. Nous travaillons pour les réduire au maximum."

La LFP compte énormément sur la mise en place d’un Replay Center centralisé regroupant tous les suppléants de l’homme au sifflet à Paris, permettant d’améliorer la coordination et l’expérience des arbitres pour limiter davantage les erreurs. Ce dernier pourrait également réduire les coût financiers : une même équipe d’assistants vidéo pourrait ainsi co-arbitrer plusieurs matchs chaque week-end."

Un service en devenir ?

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Certes, la VAR n’est qu’une technologie qui ne peut être sans faille. Notamment lorsque l’on connaît le soucis d’interprétation : parfois, plusieurs décisions se justifient, et les deux meilleurs arbitres du monde, images à la clé, peuvent avoir deux ressentis différents.

Cependant, en voyant à nouveau certaines actions, on se demande comment les différents arbitres ont pu cumuler les grosses erreurs. Les défauts d’interprétation peuvent se comprendre, mais lorsque tout les fans de football sauraient comment réagir, il n’est pas normal que la VAR ne corrige pas les bévues de l’arbitre central. Parfois, les assistants ne prennent pas la peine de l’appeler, mais d’autres fois il est alerté mais il ne revient pas sur sa décision. Ces erreurs là montrent l’incompétence de l’arbitrage français, et il est logique de se dire qu’avec ces hommes au sifflet, jamais nous ne pourrons profiter des avantages de la vidéo.

Malgré cela, on peut imaginer que ce dispositif, nouveau, et qui oblige les arbitres à réagir très rapidement, n’est pas encore parfait et que certaines améliorations permettraient de réduire ces fautes. Nous sommes donc en droit d’espérer que le replay center permettra d’améliorer ce système, notamment grâce à la présence de la direction technique de l’arbitrage qui supervisera l’action des assistants vidéos sur les matchs. De plus, c’est en utilisant encore plus ce procédé que le corps arbitral va pouvoir progresser et s’habituer aux difficultés de la VAR.

Nous pouvons donc espérer une réduction des injustices grâce à la vidéo. Cependant, il ne faut pas s’attendre à ne plus en voir : d’une part car les plus grands spécialistes n’ont pas toujours la même interprétation donc il n’existe pas d’arbitrage parfait, et d’autre part car le faible niveau des arbitres en France conduira toujours à de grossières erreurs. Malgré tout, ce dispositif est expérimental et va obligatoirement s’améliorer dans les années à venir. Assez pour mettre tout le monde d’accord ?